Comment rédiger un modèle lettre information salarié vidéosurveillance ?

Vous installez des caméras dans votre entreprise ? L’information écrite de chaque salarié avant la mise en service conditionne la validité juridique de votre dispositif. Sans cette formalité, l’entreprise s’expose à des sanctions CNIL pouvant atteindre 20 millions d’euros et à l’annulation de toute procédure disciplinaire fondée sur ces enregistrements.

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Modèle de lettre LRAR conforme RGPD

Voici le modèle complet à personnaliser avec vos informations. Cette lettre intègre toutes les mentions exigées par la CNIL et le RGPD.

[Nom de votre entreprise]

[Adresse complète]


[Ville], le [date]


Lettre recommandée avec accusé de réception


Madame, Monsieur [Nom Prénom du salarié],


Objet : Mise en place d’un dispositif de vidéosurveillance


Nous vous informons qu’à compter du [date de mise en service], notre établissement sera équipé d’un système de vidéosurveillance.


Finalité du dispositif

Ce système vise exclusivement à assurer la sécurité des personnes et des biens au sein de nos locaux, ainsi qu’à prévenir les vols, intrusions et actes de malveillance.


Zones filmées

Les caméras sont installées dans les zones suivantes :

– [Entrée principale]

– [Zone de stockage]

– [Parking]

– [Autres zones à préciser]


Zones exclues du dispositif

Conformément à la réglementation, aucune caméra n’est installée dans les vestiaires, sanitaires, salles de pause ou locaux syndicaux.


Responsable du traitement

[Nom du dirigeant ou fonction], joignable à [adresse email professionnelle] ou [adresse postale complète de l’entreprise].


Durée de conservation des images

Les enregistrements sont conservés pendant une durée maximale de 30 jours, sauf extraction nécessaire dans le cadre d’une procédure disciplinaire ou judiciaire.


Personnes habilitées à accéder aux images

Seules les personnes suivantes peuvent visionner les enregistrements :

– [Fonction : Direction, Responsable sécurité]

– Forces de l’ordre sur réquisition judiciaire


Utilisation à des fins disciplinaires

Les images peuvent être utilisées comme élément de preuve en cas de manquement grave aux obligations contractuelles ou au règlement intérieur.


Vos droits

Conformément au RGPD et à la loi Informatique et Libertés, vous disposez des droits suivants :

– Droit d’accès aux images vous concernant

– Droit de rectification

– Droit d’opposition

– Droit à l’effacement

– Droit à la limitation du traitement


Pour exercer ces droits, contactez [coordonnées complètes du DPO ou du responsable désigné].


Vous pouvez également introduire une réclamation auprès de la CNIL (www.cnil.fr).


Nous restons à votre disposition pour toute question relative à ce dispositif.


Cordialement,


[Signature]

[Nom et fonction du signataire]

💾 [Télécharger ce modèle au format PDF]

L’envoi de cette lettre à chaque salarié concerné sécurise votre conformité. L’accusé de réception constitue votre preuve d’information en cas de contrôle.

Les 7 mentions obligatoires à intégrer

Chaque élément répond à une exigence légale précise. L’oubli d’une seule mention peut fragiliser la validité juridique de votre dispositif, au même titre que d’autres manquements comme l’absence d’affichage ou le non-respect des zones autorisées. L’ensemble de ces règles découle du cadre strict encadrant l’information des salariés en vidéosurveillance d’entreprise.

Mentions obligatoires lettre d'information salarié vidéosurveillance

La finalité précise du système

La formulation à retenir dans votre lettre : « Ce dispositif vise à assurer la sécurité des personnes et des biens, et à prévenir les vols et intrusions. »

Les termes vagues comme « surveillance générale » ou toute mention de « contrôle de l’activité » fragilisent votre position juridique. Ces finalités sont interdites par la réglementation.

Les zones filmées et les zones exclues

L’énumération précise des emplacements renforce la solidité juridique de votre courrier. Veillez à lister chaque zone : entrée principale, stockage, parking, couloirs d’accès.

Les espaces autorisés incluent les entrées, sorties, zones contenant des biens de valeur et caisses si manipulation d’argent. Les vestiaires, sanitaires, espaces de pause et locaux syndicaux restent strictement interdits. Cette exclusion explicite rassure le personnel et sécurise la démarche.

La durée de conservation maximale

La CNIL fixe la durée maximale de conservation à un mois après enregistrement. En pratique, quelques jours suffisent dans la plupart des cas : le mois représente le plafond, pas la norme.

Une conservation plus longue reste possible uniquement après extraction du système principal, dans le cadre d’une procédure en cours. Un point utile à mentionner dans votre courrier.

Le responsable du traitement

Cette mention peut être celle du dirigeant, d’un responsable administratif ou du DPO si vous en avez désigné un. Un email professionnel et l’adresse postale suffisent pour que chaque salarié sache concrètement vers qui se tourner.

Les personnes habilitées à visionner

En pratique, 2 ou 3 personnes suffisent dans la grande majorité des entreprises. Par exemple : « Le directeur de site et le responsable sécurité sont les seules personnes autorisées à visionner les enregistrements dans le cadre de leurs fonctions. » Cette formulation est directement utilisable dans votre lettre.

À l’inverse, des mentions comme « tous les managers » ou « le service RH » sont trop larges et fragilisent votre dispositif en cas de contrôle.

Les droits garantis par la réglementation

Votre lettre devra mentionner quatre droits RGPD : accès aux images, opposition, effacement et limitation du traitement. Ajoutez-y la possibilité pour le salarié de déposer une réclamation auprès de la CNIL, ainsi que les coordonnées du contact pour exercer ces droits.

Cette mention répond aux obligations de transparence.

La possibilité d'utilisation disciplinaire

Cette phrase conditionne votre capacité à utiliser les images contre un salarié en cas de manquement. Sans cette mention explicite, les juges peuvent considérer l’information insuffisante, rendant les preuves inutilisables.

La formulation type « Les images peuvent être utilisées comme élément de preuve en cas de manquement aux obligations contractuelles » est juridiquement solide.

Quel format de transmission choisir ?

Le choix du format impacte directement la solidité juridique de votre démarche. Voici les trois options possibles et leurs implications.

La lettre recommandée avec accusé de réception

Ce format offre la sécurité juridique maximale. L’accusé de réception prouve de manière irréfutable que le salarié a reçu l’information et à quelle date.

Le coût varie selon le service choisi, entre 1 € et 6 € par envoi en moyenne. Prévoyez un délai de 10 jours avant l’activation pour permettre la réception et la prise de connaissance.

Pour une utilisation disciplinaire des images, ce format reste le plus sûr. Les juges accordent une valeur probante importante aux recommandés.

La remise en main propre contre décharge

Cette option présente l’avantage d’être économique et immédiate. Il vous suffit de remettre la lettre directement au salarié qui signe une décharge attestant de sa réception.

Le modèle de décharge doit contenir les éléments suivants :

DÉCHARGE DE REMISE

Je soussigné(e) [Nom Prénom du salarié],

reconnais avoir reçu le [date] la lettre d’information

relative à la mise en place de la vidéosurveillance

dans l’entreprise [nom de la société].

 

Fait à [ville], le [date]

Signature du salarié :

La conservation de toutes les décharges signées pendant au moins 5 ans sécurise votre position en cas de contentieux ultérieur. Ces documents constituent vos preuves.

L'email professionnel

L’envoi par email est juridiquement acceptable mais reste moins sécurisé. Dans ce cas précis, il est conseillé d’utiliser l’adresse professionnelle du salarié, d’activer les accusés de réception et de lecture, puis de conserver soigneusement ces preuves.

Cette option convient pour une communication complémentaire mais ne remplace pas un recommandé si vous souhaitez une protection optimale.

Le timing qui sécurise votre démarche

La chronologie de l’information détermine la validité de votre dispositif. Informer après l’installation rend automatiquement les images illicites.

Voici le calendrier recommandé :

  • 15 jours avant l’activation : envoi des lettres à l’ensemble des salariés
  • 10 jours avant : installation des panneaux dans les zones concernées
  • 5 jours avant : vérification de la réception des accusés
  • Le jour J : activation du système

Cette approche progressive laisse le temps de gérer les éventuelles questions et d’ajuster si nécessaire.

La réglementation impose cette information à tous les salariés présents dans les zones filmées, quel que soit le type de contrat : CDI à temps plein ou partiel, CDD, intérimaires, apprentis et stagiaires.

Pour les futures embauches, il est préférable d’intégrer l’information lors de la signature du contrat et de remettre la notice complète. Une clause dédiée formalise cette information dès le départ.

Les vérifications essentielles avant l'envoi

Deux points méritent une attention particulière avant d’expédier vos lettres. Le premier concerne la consultation du CSE, le second porte sur le type d’établissement que vous exploitez.

La consultation du Comité Social et Économique

Si votre dispositif permet de contrôler, même indirectement, l’activité du personnel, la consultation préalable du CSE devient obligatoire. C’est notamment le cas lorsque les caméras filment des zones de travail ou des postes, même partiellement.

L’absence de consultation constitue un délit d’entrave sanctionné par une amende de 7 500 euros. Plus problématique encore, les images collectées sans consultation sont considérées comme des preuves illicites, inutilisables contre un salarié.

La procédure comprend plusieurs étapes : convocation, transmission du dossier détaillé, délibération et avis motivé. Une anticipation de plusieurs semaines facilite cette étape, le délai dépendant du calendrier et de la disponibilité de votre CSE.

Le type d'établissement : privé ou ouvert au public

Cette distinction change radicalement vos obligations et ce que vous mentionnez dans votre lettre.

Si votre établissement est exclusivement privé (bureaux, entrepôts, zones réservées au personnel), l’inscription du traitement dans votre registre RGPD suffit depuis le 25 mai 2018. La mention « déclaration CNIL » dans votre lettre risque de créer de la confusion.

En revanche, si votre établissement est ouvert au public (magasins, restaurants, halls d’accueil clientèle), une autorisation préfectorale devient nécessaire avant l’installation. Le dossier complet, déposé via le formulaire CERFA 13806, nécessite un délai d’instruction de 4 mois. L’autorisation reste valable 5 ans.

Dans ce cas, il vous suffit d’ajouter la mention suivante : « Autorisation préfectorale n°[référence] délivrée le [date] ».

Clause pour le contrat de travail

Si vous recrutez après l’installation de votre système, il est conseillé d’intégrer directement l’information dans le contrat. Cette approche simplifie la gestion administrative pour les nouvelles embauches.

Article [numéro] – Dispositif de vidéosurveillance

 

Le salarié est informé que l’entreprise dispose d’un système

de vidéosurveillance visant à assurer la protection des personnes

et des biens dans les zones suivantes : [énumération précise].

 

Le salarié reconnaît avoir reçu la notice d’information

détaillant les finalités du traitement, la durée de conservation,

les personnes habilitées et l’ensemble de ses droits (accès,

opposition, effacement, limitation, réclamation CNIL).

 

Fait à [ville], le [date]

 

Signature de l’employeur          Signature du salarié

Cette clause complète le processus d’information et crée une trace écrite dès l’embauche.

Affichage obligatoire dans les zones filmées

La lettre individuelle ne suffit pas. Un affichage visible à l’entrée de chaque zone filmée complète votre démarche d’information.

[Pictogramme caméra]

SITE PLACÉ SOUS VIDÉOPROTECTION

 

Finalités poursuivies par le traitement : [Protection des personnes et des biens]

 

Code de la sécurité intérieure (art. L.223-1 à L.223-9, L.251-1 à L.255-1, L.613-13, R.223-1, R.223-2, et R.251-1 à R.254-2) Loi Informatique et Libertés n° 78-17 du 6/01/1978 Règlement Européen 2016/679 chap. III section 2

 

Les images sont conservées [30] jours maximum et peuvent être visionnées en cas d’incident par le personnel habilité et par les forces de l’ordre.

 

Responsable du système de vidéoprotection : [Nom ou qualité — Téléphone]

 

Pour exercer votre droit d’accès aux images qui vous concernent, vous pouvez contacter : [email professionnel — adresse postale]

 

Vous pouvez introduire une réclamation auprès de la CNIL sur cnil.fr/plaintes ou signaler toute anomalie au Préfet du département ou à la Commission Départementale de Vidéoprotection.

 

Employés, pour en savoir plus sur la gestion de vos données personnelles et de vos droits, veuillez lire notre règlement intérieur.

Ces panneaux se positionnent à l’entrée de chaque zone filmée, à hauteur des yeux (environ 1,60 mètre), au format A4 minimum. Une lisibilité à 2 mètres de distance garantit la conformité de l’affichage. Si vous installez votre système avec ADS GROUP Security, nos techniciens se chargent de fournir et de poser l’intégralité de la signalétique réglementaire lors de l’installation.

L’affichage seul ne remplace jamais la lettre individuelle pour une utilisation disciplinaire. Les deux formats se complètent.

Stickers préfecture 2026

Note de service collective

Une note affichée dans les locaux peut accompagner votre démarche, notamment pour les visiteurs et prestataires occasionnels.

NOTE DE SERVICE

 

Objet : Installation d’un dispositif de vidéosurveillance

 

À compter du [date], notre établissement est équipé

d’un système de vidéosurveillance.

 

Finalité : Protection des personnes et des biens

 

Zones filmées : [liste exhaustive]

Zones non filmées : Vestiaires, sanitaires, espaces de pause

 

Conservation des images : 1 mois

Personnes habilitées : [fonctions]

 

Vos droits : Accès, opposition, effacement, limitation

Contact : [coordonnées]

Réclamation possible auprès de la CNIL (www.cnil.fr)

 

Fait à [ville], le [date]

[Signature de la Direction]

Cette note reste un complément. Elle ne remplace pas l’information individuelle pour les salariés si vous souhaitez pouvoir utiliser les images dans le cadre d’une procédure disciplinaire.

Notice détaillée à disposition

Au-delà de l’information initiale, mettez à disposition une notice détaillée. Ce document de second niveau précise les aspects techniques et juridiques du traitement.

La notice contient:

  • la base juridique (article L.1222-4 du Code du travail)
  • les catégories de données collectées (images, date, heure, localisation)
  • les destinataires potentiels (direction, forces de l’ordre)
  • les mesures de sécurité mises en œuvre (accès sécurisés, traçabilité des consultations)
  • la procédure détaillée d’exercice des droits

Ce document gagne à être accessible sur l’intranet si vous en disposez, annexé au règlement intérieur ou disponible sur simple demande auprès du service RH ou de l’accueil. Cette disponibilité répond aux exigences de transparence.

L’information écrite conditionne la légalité de votre dispositif et votre capacité à utiliser les images en cas d’incident. Avec ADS GROUP Security, vous bénéficiez d’un accompagnement complet : de l’installation technique à la mise en conformité réglementaire.

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